Je m’apprête à lire «Poppy Wyatt est un sacré numéro» de Sophie Kinsella. J’ai choisi ce livre en suivant les recommandations d’un ami grand lecteur.
Ca tombe bien j’étais en grand manque d’inspiration pour choisir un livre.

Comme je le fais parfois je suis allé sur Amazon pour voir ce que les lecteurs ont pensé du livre.
En l’occurrence il s’agit surtout de lectrices. Mais surtout une chose m’a frappé.

J’avais déjà constaté ce fait dans les commentaires de lecteurs mais ce soir cela m’a plus particulièrement interpelé.

Beaucoup de lectrices et de lecteurs mettent en avant pour dire que c’est un bon livre, le fait qu’ils l’on lu très rapidement, «en un jour», «en deux jours», «en une nuit»…

La question que je me suis alors posé est :
Faut-il qu’un livre soit lu rapidement pour être apprécié ?

Ou

Un livre n’est-il apprécié que s’il peut être lu rapidement ?

Personnellement j’avoue que si un livre me captive je peux le lire, si j’ai le temps, en moins de 24 heures.
Mais j’ai aussi remarqué quelque chose :
Plus on lit rapidement un livre, moins on le retient, surtout si on enchaîne les lectures, des éléments se mélangent, des éléments disparaissent, et bien souvent on est quasiment incapable de raconter le livre précisément moins d’une dizaine de jours plus tard.

Après peut-être si on pratique la technique de la lecture rapide, il paraît que l’on peut retenir mieux qu’en lisant normalement.
Mais très peu de personnes utilisent cette méthode qui demande par ailleurs un apprentissage assez complexe.

Je vais faire une comparaison avec la nourriture.

Si on mange un très bon plat mais que l’on mange très rapidement tellement on trouve cela bon. Que se passe-t-il ?
Et bien personnellement j’ai beaucoup apprécié sur le moment, mais il n’en reste rapidement plus rien, et ce qui est consommé rapidement ne reste pas trop en mémoire.

Il en va de même pour un livre, si on le dévore, le plaisir pourra être intense mais ne durera pas.

Si on prend son temps le plaisir sera moins concentré mais beaucoup plus profond et durable car il aura le temps de bien s’encrer dans l’esprit.

Une autre chose me dérange aussi en tant que créateur.
Que ce soit un bon plat ou un bon livre, cela a demandé du temps pour être préparé.
Et cela est consommé en un temps infime.

Il en va ainsi pour de très nombreuses choses et c’est probablement dans la nature quelque chose d’immuable.

Mais quand on se place du côté de la personne qui a créé la chose je trouve cela très frustrant que l’oeuvre que l’on a créé ne soit pas appréciée sur une plus longue période, surtout compte tenu du temps qu’il a fallu pour créer la chose.

Là par contre le livre et le plat sont différents. En effet un plat ne pourra être consommé qu’une fois par un nombre très limité de personnes.
Alors qu’un livre pourra être dégusté par une multitude de personnes et autant de fois que l’on veut.

C’est pour cela d’ailleurs que je m’oriente plus vers l’écriture que vers quelque chose qui pourrait se comparer à la cuisine.

Pour finir je dirais qu’il faut prendre le temps de déguster les plaisirs de la vie. La rapidité du monde moderne ne doit pas être une règle quand il s’agit de Plaisirs.
Il faut prendre son temps pour manger un bon plat, pour lire un bon livre, pour faire l’amour avec la personne que l’on aime, écouter un bon morceau de musique, contempler un paysage agréable, observer quand on se trouve dans un endroit agréable, prendre le temps de s’arrêter lorsque l’on est heureux !